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Voeux de Xavier Darcos et programme...

Voici un extrait des voeux de Xavier Darcos au personnel du ministère de l’Education Nationale présentés le 21 janvier 2008.
(allocation de remise des palmes académiques non gardée dans cet extrait)

Article mis en ligne le 28 janvier 2008
dernière modification le 9 février 2008

par Jacqueline A.

Voeux au personnel du ministère de l’Education nationale
Allocution - Xavier Darcos 21/01/2008

www.education.gouv.fr/cid20815/

Monsieur le Secrétaire général,
Mesdames et messieurs les Directeurs,
Mesdames et messieurs les Inspecteurs généraux,
Mesdames et messieurs,
Mes chers collègues, chers amis,

En ce début d’année 2008, j’adresse mes vœux les plus sincères et les plus chaleureux à celles et ceux qui au sein de l’administration centrale mais également partout en France, œuvrent pour que l’école de la Nation soit juste, ouverte et performante. Je les présente également, mesdames et messieurs et chers collègues à vos familles, à vos proches, et à tous ceux qui vous sont chers. Je souhaite que l’année nouvelle puisse combler vos espérances dans tous les domaines et notamment dans le domaine privé.

Quel lieu pouvait être plus symbolique pour vous présenter mes vœux que ce Palais de la Découverte où nous nous trouvons aujourd’hui ? En effet, Jean Perrin, prix Nobel de physique en 1926, voulut faire de ce lieu un temple du savoir et de la connaissance. Il tint à en ouvrir très largement les portes.
Aujourd’hui, elles restent ouvertes à tous ceux qui, au plus profond d’eux-mêmes, sont convaincus que le savoir est source d’émancipation, à tous ceux qui sont convaincus que la connaissance est au fondement du progrès et de la liberté. Je veux donc remercier Monsieur Jack Guichard, directeur du Palais de la Découverte d’avoir prolongé l’œuvre du fondateur et d’avoir ouvert à l’Education nationale les portes de cette magnifique institution.

L’école, notre école, est à l’image de la création généreuse de ce grand savant que fut Jean Perrin. En effet, elle est, par excellence, le lieu de la découverte, des apprentissages et de l’épanouissement de l’esprit. Fidèle à l’engagement pris par ses pères fondateurs, elle accueille, sans distinction aucune, tous les enfants que lui confie la Nation. Elle les guide vers l’âge adulte et les prépare à participer à la vie de la cité. En ce sens, l’école est le lieu où nos enfants apprennent à respecter les règles de la vie en société et acquièrent les outils intellectuels qui éclairent le jugement de l’Homme et fondent sa liberté.

Si notre école a su donner vie à l’idéal des Lumières, si elle parvient à faire coïncider le progrès social et les progrès de l’esprit humain, c’est à chacun d’entre vous qu’elle le doit.

En effet, l’Education nationale, ce sont d’abord des femmes et des hommes passionnés qui à Paris, dans l’administration centrale, mais aussi partout en France, dans les écoles, les établissements et les services académiques se consacrent à la plus belle mission qui soit : transmettre à nos enfants les savoirs et les valeurs qui leur permettront d’affirmer leur personnalité et de construire leur avenir.

Par delà nos convictions, par delà nos appartenances et par delà les désaccords qui parfois nous séparent, nous partageons tous une conviction profonde : l’école est ce bien commun, le plus précieux de tous, qui seul permet à la Nation de tisser des liens durables avec la raison et le savoir. De cette conviction profonde découle une ambition partagée : notre système éducatif doit donner à chacun des enfants qui lui ont été confiés les moyens de réussir sa scolarité et au-delà sa vie d’adulte.

Aujourd’hui, je veux vous rendre hommage, je veux saluer votre engagement. Quelle que soit votre fonction au sein de l’administration centrale, je sais que vous l’exercez avec rigueur et enthousiasme. La compétence de l’ensemble des fonctionnaires et des agents contractuels de l’Education nationale est d’ailleurs unanimement saluée par nos concitoyens. En effet, tout le monde s’accorde à reconnaître qu’ils sont bien formés et qu’ils font preuve d’une conscience professionnelle remarquable.

Je partage cette conviction car je connais bien l’Education nationale pour y être entré voici près de quarante ans comme professeur de lettres. Professeur de chaire supérieure à Bordeaux puis à Paris, inspecteur général avant d’être ministre délégué à l’enseignement scolaire, j’ai pu, année après année, faire l’expérience de votre capacité à concevoir et à mettre en œuvre les projets les plus lourds et les décisions les plus complexes. Au fil du temps, j’ai également noué des liens de respect, d’estime et d’amitié avec nombre d’entre vous.

Aujourd’hui, face à tant de visages amis, je veux vous faire une confidence : l’estime que je porte à tous ceux qui travaillent au sein de l’administration centrale s’est fortifiée au cours des huit derniers mois !

Elle est d’autant plus vive et sincère que chaque rencontre et chaque visite que j’effectue dans nos écoles, nos collèges et nos lycées me permettent de constater sur le terrain les résultats de vos efforts et leur contribution à la réussite scolaire et personnelle de nos élèves.

Votre travail et votre engagement sont d’autant plus nécessaires au système éducatif que nos élèves ont plus que jamais besoin d’être encadrés, accompagnés et soutenus. Ensemble, en 2007, nous avons déjà fait beaucoup pour rendre l’école plus juste et plus ouverte.

Décidé en juin 2007, l’assouplissement de la carte scolaire, promis par le Président de la République, a permis de rompre avec un système obsolète et inique hérité des années 1960 et totalement inadapté à notre temps.
Cet assouplissement a permis d’offrir une liberté nouvelle aux familles et d’accorder près de 13 500 dérogations supplémentaires au collège et 8500 au lycée par rapport à la rentrée 2006.

L’accueil, dans les classes, de 10 000 élèves handicapés de plus que l’année passée est également la traduction concrète des efforts consentis et la réponse à la volonté du Président de la République de voir tous les enfants de France fréquenter les mêmes écoles. Le recrutement rapide de 2 700 Auxiliaires de Vie Scolaire supplémentaires, spécialisés dans le suivi individuel, a été décisif pour leur assurer des conditions d’accueil et d’apprentissage favorables et leur permettre de s’épanouir dans le cadre scolaire.

Enfin, la définition et la mise en place rapide d’une offre d’accompagnement éducatif constituent une avancée décisive pour repenser l’articulation entre le temps scolaire et le temps extrascolaire. Proposé dans tous les collèges de l’éducation prioritaire, ce dispositif permet aux élèves qui le souhaitent de disposer, entre 16 heures et 18 heures, d’un temps consacré aux devoirs scolaires et à la pratique d’activités sportives et culturelles. Je note avec une grande satisfaction que de nombreux collèges qui ne relèvent pas de l’éducation prioritaire ainsi que des écoles ont tenu à ce que leurs élèves puissent, dès à présent, à bénéficier de ce dispositif innovant.

En 2008, je veux que nous prolongions les efforts accomplis au cours des derniers mois et fortifions les réformes engagées en 2007. En effet, il nous faut aller plus haut, plus vite et plus fort pour répondre aux attentes de nos concitoyens et à leur ambition pour l’école.

Ainsi, ensemble, nous allons accélérer le rythme de mise en œuvre de l’accompagnement éducatif. La première étape a été un succès unanimement reconnu. Et bien, dès la rentrée prochaine, tous les collèges de France proposeront un accompagnement éducatif à leurs élèves. Comme je m’y suis engagé, le dispositif sera également étendu aux écoles de l’éducation prioritaire et nous allons également apporter un soutien actif à toutes les communes volontaires qui ont le souci de proposer dès à présent aux écoliers et à leurs familles une offre d’accompagnement éducatif.

Ensemble, en 2008, nous irons plus loin dans l’assouplissement de la carte scolaire et nous poursuivrons les efforts engagés pour faciliter l’intégration et accompagner les élèves handicapés dans les écoles et les établissements scolaires de notre pays.

En 2008, je vous demande donc de ne pas décevoir l’espoir suscité par les réformes engagées au cours des derniers mois. Mais je vous demande également à faire preuve d’imagination, d’audace.

Pour y parvenir, il est souvent nécessaire de se départir des idées reçues et de se méfier des habitudes acquises. Vous le savez bien, les meilleures idées sont celles que l’on forge soi-même au creux de sa conscience. Les meilleures idées sont celles qui, enracinées dans l’expérience, se tournent vers l’avenir. Pour reprendre une formule chère à Charles Baudelaire, il ne faut pas hésiter à aller au fond de l’inconnu pour trouver du nouveau !

La mission de l’administration centrale est de fixer un tempo à l’ensemble du système éducatif national et de donner l’impulsion du changement. Vous connaissez comme moi les dimensions de l’Education nationale : 1,2 million d’agents et 12,5 millions d’élèves, vous savez donc que l’impulsion doit être vigoureuse et le tempo élevé !

En 2008, nous devrons faire face à des échéances importantes et relever des défis cruciaux :

* Le premier d’entre eux, c’est le défi de l’école primaire. Nous devons résoudre ce paradoxe français qui veut que nos élèves travaillent davantage que leurs camarades étrangers, pour des résultats souvent décevants. Aujourd’hui, l’école primaire doit redevenir le point d’impulsion de toute la scolarité obligatoire et la lutte contre l’échec scolaire une priorité absolue. Nous ne pouvons plus considérer que les élèves en difficulté dès l’école primaire pourront combler ultérieurement leurs lacunes. L’école primaire doit se recentrer sur la transmission des mécanismes fondamentaux de la connaissance et de la réflexion que sont la lecture, l’écriture et le calcul car ils sont au fondement de tous les autres apprentissages. Dès la rentrée 2008, les heures de cours supprimées du samedi seront, vous le savez, supprimées pour être réinvesties au profit de ceux qui rencontrent des difficultés et ont besoin d’un soutien attentif et personnalisé. Pour ceux dont les retards persisteraient, des stages seront proposés durant les vacances scolaires de l’année qui précède leur passage en 6e.
Si l’école primaire redevient performante, le collège le redeviendra également. Accusé de tous les maux, homme malade du système éducatif, le collège n’est souvent que le révélateur de difficultés rencontrées dès l’école primaire.

* Il existe un autre défi auquel nous devons nous atteler en 2008, c’est celui du lycée ! Nous devons tout d’abord poursuivre la redéfinition et la valorisation de la voie professionnelle engagées à l’automne. Mais il nous faut également songer à rééquilibrer les différentes filières du lycée général dont la signification s’est effacée au fur et à mesure qu’elles ont été brouillées par des stratégies de sélection totalement étrangères à leur contenu.

Vous le voyez, mesdames et messieurs, l’année 2008 sera dense, mais elle sera exaltante car elle sera une étape décisive vers l’édification d’une école plus ouverte, plus juste, une école qui conduira toujours plus d’élèves vers le succès. L’administration centrale a un rôle crucial à jouer dans l’édification de cette école de la réussite. Celui des enseignants et de l’ensemble des agents de l’Education nationale sera également décisif.
Mais, avant de conclure, je voudrais vous faire part d’une conviction profonde. En 2008, l’école ne saurait être la chasse gardée des enseignants ou le pré-carré du ministère dont j’ai la charge. Non, le Président de la République l’a rappelé le 9 janvier dernier lors des vœux qu’il a adressé à la presse : l’école appartient à tous car elle est au cœur de l’héritage civilisationnel que nous avons reçu en partage. Elle appartient à tous car elle au cœur de notre projet de société. Elle appartient à tous car elle porte en son sein les destinées de la nation.

Le projet scolaire de la Nation, c’est donc tous ensemble que nous devons le bâtir, avec les enseignants, avec les personnels de direction, avec l’ensemble de l’administration, avec les familles qui nous confient ce qu’elles ont de plus cher, avec les partenaires sociaux bien sûr, avec les élus et avec toutes ces femmes et ces hommes de bonne volonté qui, dans notre pays, ont compris l’enjeu stratégique que représente l’école et qui, en 2008, sont fermement décidés à lui donner un élan nouveau.
élèves et favoriser leur réussite.