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Colloque : "L’enfant et ses objets"

Journée organisée par le CEREDA le 31 mai, à Grenoble Salle Olivier Messiaen, 1 rue du Vieux Temple, de 10 h à 18 h (accueil à 9h) voir ci-joint le détail de la journée et le formulaire pour s’inscrire.

Article mis en ligne le 22 mars 2008
dernière modification le 26 novembre 2008

par Anne S.

L’ENFANT ET SES OBJETS

" L’enjeu majeur (...) est de poursuivre notre dialogue
entre la psychanalyse comme pratique et la civilisation
qui est notre partenaire ". Eric Laurent
 [1]

Les temps changent. Être un enfant aujourd’hui,
ce n’est plus comme avant ! L’enfance ne protège plus
l’enfant, la famille ne s’organise plus autour de l’idéal
mais de l’objet. L’époque est désormais celle de l’objet tyran,
du tout-pour-la satisfaction.
Dans une civilisation où tout est fait pour boucher
le manque, l’enfant est une cible privilégiée du toujours
plus beau, toujours plus cher, il est pris dans un courtcircuit
du désirable au déchet. Doudous, jouets,
personnages tout puissants, objets technologiques
viennent leurrer le désir.
La globalisation du marché mondial absorbe toutes
les disciplines : éducation, droit, sciences dures ou
celles dites humaines, entreprises philanthropiques
comprises.
Boucher le manque à tout prix, faire de la
satisfaction un idéal, étouffe ce qui voudrait se dire.
Et l’enfant doit frapper plus fort : le corps est mis en
avant dans les symptômes actuels : agitation, problèmes
alimentaires, branchement sur des objets en toc ...
Dans la clinique psychanalytique, ces mutations
sont sensibles, il revient aux praticiens de repérer leurs
conséquences.
Notre époque, en inondant les enfants d’objets
censés répondre aux besoins, multiplient ces derniers.
Nous déclinerons ces objets-instruments modernes, qui
appareillent agressivité, jouissance solitaire, mythe d’un
« tous pareils », en les distinguant des objets traditionnels
(bobine freudienne, objets transitionnels de Winnicott,
poupées, petits soldats et trésors des greniers marqués
du fantasme familial). Cette différenciation permettra
de circonscrire la fonction de ces objets ou l’angoisse
à laquelle ils suppléent. Le paradigme de l’ « enfantmachine
 » de Bettelheim s’étend-il au-delà des frontières
de la psychose, à l’échelle de la civilisation ?
Il n’est pas simple de déranger la stratégie - véritable
mode de jouir - dans laquelle un enfant est pris. Comment
un psychanalyste, grâce au transfert, parvient-il à « faire
de la jouissance une fonction » [2], qui permette au sujet
de « retrouver », dit Lacan, son « essence réelle » [3]
pour mettre en route le désir.

Cette journée sera l’occasion de suivre pas à pas
ce que des enfants nous enseignent dans la clinique,
et de rendre compte de ce qui a opéré par la présence
de l’analyste. Comment ce qui a fait coupure, appui,
nouage permet-il à un enfant de soutenir son désir ou
un rapport inventif à l’objet ?

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